jeudi 12 janvier 2012

Qu'est-ce qui différencie une étudiante de psychologie de licence 3 d'une étudiante en master 1 ?

ce coup-ci, je vous la joue sérieux !

I-Le cursus de psychologie à Lille 3

Tout d'abord, pour que chacun comprenne de quoi je parle, une explication du nom des années et du cursus de psychologie à Lille 3 :
Le cursus est un cursus "LMD" : Licence - Master - Doctorat

I-1 La licence :
La licence se compose de 3 années, appelées "licence 1", "licence 2" et "licence 3" (très imaginatifs comme noms).
La licence permet de découvrir plusieurs versants de la psychologie (psychologie clinique, méthodologie de la recherche, statistiques et probabilités, psychologie du développement et du handicap, psychologie cognitive, neurosciences, neuropsychologie, psychopathologie et psychanalyse (pour ceux qui y tiennent...), psychologie des apprentissages...).
De mon temps, il n'y avait pas d'options en licence 1 et 2, maintenant il y en a : attention à bien les choisir !


La licence 3 est une plate-forme importante : contrairement à ce qui est annoncé à la pré-rentrée, le choix des options peut être déterminant pour le master ! Car l'un des masters de Lille 3 étant particulier, la sélection a lieu entre la licence 3 et le M1, il est donc primordial d'avoir choisi les options en rapport !

A l'issue de la licence 2, on obtient un diplôme de BAC+2, équivalent du DEUG.
A l'issue de la licence 3, on obtient un diplôme de BAC+3, la LICENCE
 


I-2 Le Master :
Le master comporte deux années : le "master 1", année basée sur un tronc commun et un choix d'options et de séminaires, et le "master 2" qui est différent. La sélection des étudiants a lieu entre le master 1 et le master 2, les cours seront divers et variés. Les étudiant(e)s peuvent faire un master professionnel ou de recherche, sachant qu'après un master professionnel, les psychologues peuvent faire de la recherche a raison d'1/3 de leur temps de travail pour continuer à se former.


Il faut faire un mémoire par année de master, ainsi qu'un rapport de stage (ou plus) par année.

A la fin du master 2, les étudiantes (épuisées mais ravies) sont détentrices du titre de psychologue (si elles ont bien faire le quota d'heures de stage), et peuvent réaliser un doctorat ou chercher un travail découvrir le bonheur malheur du chômage !


I-3 Le Doctorat :
Le Doctorat, dure théoriquement 2 ans, il s'agit de réaliser une recherche. Je ne vais pas en parler car ça ne me concerne pas (pas encore, ou ne me concernera jamais).


II- Les difficultés de la Licence 3 et du Master 1 :
II-1 : La licence 3 : le début des problèmes... :
Et oui, avoir un deug c'est bien beau, mais ça sert à rien, alors on continue.
Les difficultés de la licence sont : les enseignants nous demandent de réfléchir ! Aïe aïe mais quelle idée ! Il va falloir rédiger des synthèses, encore et encore, écrire des dossiers, voir même pour les plus malchanceux les présenter à l'oral.


On a choisi des options un peu au pif, un peu par affinité, un peu parce que le nom sonnait bien; les enseignants nous disent qu'il faut varier les choix pour découvrir le plus de choses possibles, mais ils seront étonnés ensuite que l'on ne soit pas dans toutes les options en rapport avec leur thème d'études. Certaines options sont conformes à ce qu'on attendait d'elles, d'autres sont très décevantes. Heureusement, les semestres ne sont pas longs.

Le pire : on n'a le droit qu'a UNE SEULE CONVENTION DE STAGE, obligatoirement en rapport avec le Travail d’Étude et de Terrain (mini-recherche), et cette absence de stage en licence 3 nous sera reprochée quand on postulera en master et pour avoir un emploi.

Les + de la licence 3 : on est encore trop nombreux pour avoir beaucoup d'oral, on peut encore sécher certains cours sans que ça se voie, on peut compenser les notes en dessous de 10 (par exemple les stats et la psychométrie) avec les autres notes.

Les - de la licence 3 : les enseignants ne sont pas d'accord entre eux sur le fait de varier ou non le choix de ses options, on obtient un diplôme au bout et faut décrocher une mention pour augmenter ses chances en master 2, on est encore trop nombreux pour avoir beaucoup de contrôles continus, du coup la semaine d'examens est lourde

II-2 : Le master 1 : quand les apprentis psys dépriment :
On a obtenu la licence avec plus ou moins de succès, mais pas question de se reposer sur ses lauriers, car voila que les difficultés s'amoncellent !

Il faut trouver un stage, choisir un thème de mémoire, trouver des participants pour la recherche liée à ce mémoire, choisir ses options judicieusement par rapport au master 2 que l'on vise, aller en cours, faire des recherches bibliographiques, lire des livres, ne pas oublier de les rendre (heureusement, on peut en prendre 15 pour un mois renouvelable)...

Les difficultés : l'emploi du temps est condensé pour laisser du temps au stage : les plages horaires sont longues : 3 ou 4h d'affilées, ou même 5 ! Les enseignants n'ont pas beaucoup de séances pour nous apprendre beaucoup de choses, nous faire réfléchir et nous noter.
Les options que l'on veut prendre sont en même temps, il faut donc soit se couper en deux mais c'est interdit, soit changer de choix (c'est du vécu.)
Les options que l'on doit prendre parce que c'est écrit dans la plaquette ne nous passionnent pas forcément (c'est du vécu aussi...).

Quand on n'a pas trouvé son stage avant novembre, ça veut dire qu'on va le faire au plus tôt en janvier et que le semestre 2 va être hyper chargé en boulot (c'est mon cas, à partir de lundi ça va être la misère !). Ça veut dire aussi : plus de vacances avant longtemps !

Autre point : l'étudiante en master 1 espère réussir son master 1 en un an, alors que les enseignants s'attendent à ce qu'on choisisse de le faire en deux ans (car avant c'était rentable car on pouvait refaire un stage, maintenant on ne peut plus, il n'y a donc aucun intérêt !).

Chaque matière doit être validée indépendamment des autres, même les statistiques : et ça, c'est la cata ! Les statistiques sont la peste noire des étudiants en psychologie.

Les + du master 1 : On a la classe quand on dit "je suis en master". Les enseignants nous vouvoient, ou alors le "tu" semble un peu moins dominateur. On a parfois l'impression que c'est bientôt terminé. Le secrétaire est plus sympa, plus accueillant, plus souvent là. On sait où trouver les enseignants. On n'est plus obligé de participer aux recherches des autres parce qu'on fausse les données.

Les - du master 1 : on ne peut plus participer aux expériences des autres parce qu'on fausse les données. On déprime parce qu'on a pas de stage, trop de travail, peu d'espoir d'être pris dans le master qu'on veut, parce qu'on connaît trop de gens qui ont redoublé le master 1 et qui ont rien. On sait que même quand on sera diplômé, on trouvera pas facilement de travail, et que si on en trouve un il sera mal payé. Et surtout, on sait que même si on a trouvé un stage, des participants etc... cette année, même si on est pris en master 2, tout ce bordel recommence (en pire) l'année prochaine.

Et on doit encore et toujours prendre le métro !


III- Conclusions :
Alors, au final, d'extérieur, comment les différencier ?
Prenons un groupe d'étudiantes en psychologie, assises sur un banc avec des cappuccinos dans la main, à plusieurs périodes de l'année :


Septembre : Les licence 3 sont plus ou moins fraîches, mais sans aucune trace de déprime ! Les master 1 commencent déjà à stresser car elles n'ont pas de stage. Les licence 3 sont un peu plus détendues, les master 1 sont pressées : les jours où elles ont cours, il y a cours tout le temps !


Octobre : Les licence 3 sont fatiguées, plus ou moins contentes de leur sort. Les master 1 ont soit un stage mais des galères avec les conventions, ou des galères avec le stage, soit pas de stage et donc il faut en trouver un,en tous les cas elles sont stressées par le stage et le mémoire (les thèmes sont tombés, il faut choisir !) !


Novembre : Les licence 3 sont encore plus fatiguées, mais l'humeur est la même. Les master 1 qui ont un stage vont mieux, tout le monde commence à stresser pour les examens, le semestre est bientôt fini. Les master 1 qui n'ont pas de stage sont franchement déprimées !


Décembre : Les licence 3 sont motivées car c'est bientôt fini, ceux qui n'ont pas cours ne viennent pas à la fac. Les master 1 ont fini mais viennent quand même parce qu'ils ont la pression : il FAUT réussir toutes les matières et trouver un stage si c'est pas encore le cas.


Janvier : Tout le monde est stressé !


Bilan : globalement, les master 1 apparaissent comme beaucoup plus déprimées dès le début de l'année, et ce pour toute l'année ! Cela ne s'arrangera pas vers la fin de l'année, ne pas espérer de rémission tant qu'il n'y aura pas eu de sélection réussie dans un master 2 !




Et voila ! (Et désolée pour le pavé ! )

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